Le jardin de Bajidala est très beau en ce moment : c’est le début de la saison des pluies.

Quelques fleurs du jardin de Bajidala

Nous avions prévu que Marie-Catherine Conti puisse assurer sa performance sous le Grand Arbre dans la quiétude de la nuit. Mais les éléments en ont décidé autrement : violente bourrasque de vent au moment même où Marie Catherine allait commencer sa prestation. Repli stratégique sur des bases préparées à l’avance : un endroit fermé, la Galerie qui allait se révéler un pas si mauvais lieu pour y recevoir des vraies confidences, l’expression d’une intimité. Une quinzaine de nos amis de Ségou s’étaient joints à nous pour profiter de ce moment : ce fut un moment de bonheur.

Présentation par Danielle Rousselier

A la lumière des chandelles, Marie Catherine a lu « Les Lettres de Toussainte ». Ces lettres ont été imaginées par Nadine Fischer : une jeune femme corse écrit à son frère, à une amie, puis enfin à sa petite fille. Les lettre couvrent tout le siècle : de 1920 à 1975. Récit d’une vie, une vie d’immigrée éloignée de son île natale, une vie d’institutrice interpelée par les soubresauts du siècle, une vie de femme partagée entre ses amours et l’affection de ses enfants.



Le spectateur reçoit les lettres comme si elles lui étaient adressées, en plein coeur. a écrit Robin Renucci. Marie Catherine n’y est pas pour rien : émotion, douceur, amour, révolte aussi, elle exprime toute la palette des sentiments humains les plus intimes avec délicatesse, sans jamais forcer le trait. C’est une comédienne rare, parce qu’exigeante. Elle a une douceur naturelle qui lui va bien dans ce rôle de femme soucieuse des autres et du monde. Mais ce souci n’a qu’un registre auquel on ne peut que succomber :celui de la tendresse.

Merci Marie Catherine de nous aider à regarder le monde avec sympathie, sans complaisance mais au bout du compte avec beaucoup d’amour.

Merci Danielle d’avoir offert à Bajidala et à nos amis ségoviens cette rencontre si précieuse.