Ce samedi 8 Septembre 2007 a eu lieu le vernissage de l’exposition de David Coulibaly en présence de M. Al Hadi Koita, Secrétaire Général du Ministère de la Culture au Mali, de M. Jean Luc Baillet Directeur du CCF de Bamako, et de Danielle Rousselier, Attachée culturelle à l'Ambassade de France.

Né à Bamako le 7 Juillet 1966, David s’est passionné très tôt pour la bande dessinée : ses premières lectures : Rahan. Dans le même temps, le gamin griffonne sans cesse sur tout ce qui lui tombe sous la main, des petits dessins. L’enfant n’est pas encouragé dans cette voie, bien au contraire. A 14 ans, il doit quitter l’école, et suivant les conseils de son père, apprend le métier de mécanicien. D’autres métiers suivront comme ferrailleur. Mais la passion de David demeure : il continue à dessiner sur des cartes postales des scènes de la vie quotidienne qu’il s’essaie à vendre dans les ambassades, et dans les hotels.

David COULIBALY

En 1992, le Directeur du Centre Culturel Français de l’époque, M. Degraene, remarque l’habileté du jeune homme : il lui présente d’autres peintres, et surtout l’encourage à se consacrer véritablement à sa passion. David apprend l’art de la peinture sous-verre auprès de sénégalais, et aussi du malien Kely Alfousseini. Ce sera désormais cette voie qu’il suivra.

Au-delà de la technique, ce qui intéresse David, c’est de peindre le monde tel qu’il le voit : scènes de la vie quotidienne, des transports, de la musique, de la danse, des fêtes, du Sogobo (marionnettes), tout l’intéresse. Les tenants de la culture officielle le classent parmi les « naifs ».Il participe d’ailleurs à Abidjan à la Biennale du même nom.

UN OISEAU DE DAVID

L’exposition présentée à Bajidala ici est surtout centrée autour d’une autre passion de David : la nature, et surtout les oiseaux. Pour lui, ils représentent une forme de liberté et d’harmonie. La série de boîtes lui permet de « croquer » cet aspect si pittoresque de la vie malienne : les transports, avec les étonnants « Sotrama » et bus, témoins pleins d’humour d’une vivacité et d’une ingéniosité bien malienne.

Les boites de David

Le regard posé par David sur le monde est un regard tendre, jamais agressif : il rêve d’un monde plein de bonheur, sans violence. A l’instar de ce qu’il est : un homme libre, serein, qui refuse la méchanceté et se veut en harmonie avec tous ceux qu’il cotoie. Le regard de David n’est pas un regard naïf : c’est un regard de bonheur. Il sait bien la dureté du monde, mais il souhaite la détourner pour ses contemporains.

Jean Luc Baillet du CCF, Danielle Rousselier de l'Ambassade de France avec David et Michel dans les jardins de Bajidala

Et on se prend à rêver avec lui, de tous faire ce petit effort qui nous mènerait à la félicité. Plus qu’un regard, cela devient une profession de foi d’un pacifisme, non pas militant, mais vécu. Merci David.

Nous avons profité de cette exposition pour présenter 2 oeuvres majeures de notre ami Sambo Boly le burkinabé : Sambo aussi porte un regard plein de tendresse et de douceur sur le monde, mais dans un registre tout à fait différent : le monde de Sambo est irréel. Nous aurons l'occasion de le présenter plus amplement à l'occasion de la résidence qui débutera ce Mardi 12 Aout à Bajidala

Nos deux compères DAVID et SAMBO dans une des salles d'exposition

A droite, on aperçoit la toile "La bibliothèque" de Boly